samedi 28 avril 2012

Tita-numérique...

Image prise sur http://www.realbollywood.com/

Quel intérêt de revoir Titanic 15 ans après ? En 3D, de surcroit ?
Pour les gens de moins de trente ans qui étaient adolescents à l'époque, la réponse est toute trouvée : la madeleine de Proust, les premiers émois amoureux.

Mais au-delà des fleurs bleues, quel choc cinémagraphique ! Il n'y a pas que le bateau éponyme qui soit hors de proportions. Le film de Cameron possède un souffle que même ses détracteurs ne peuvent ignorer, à la hauteur de l'engouement phénoménal des spectateurs de par le monde. (La ressortie du film vient d'ailleurs de passer cette semaine 25/04/2012, la barre du million de spectateurs en France).
Ce souffle, tiraillé parfois maladroitement entre mélo Sirkien et opéra à grand spectacle, s'exprime dans toute sa splendeur sur grand écran.

Quelle joie de redécouvrir (ou de découvrir, toujours le jeu des générations) les détails du film : la subtilité de son mixage (dans toute la première séquence notamment), ainsi que la beauté de ses costumes et décors avec la précision du numérique en grand large au Rex et non via le masque de l'écran cathodique. Le grain légèrement flou de la pellicule apparait d'ailleurs et, comme sur la ressortie de Star Wars Episode 1, on se met à imaginer une "douceur du 35mm", comme il y a une "chaleur du vinyl". Et la 3D? On visite les fonds marins comme la grotte des rêves perdus de Werner Herzog. L'interminable naufrage gagne en démesure et les transparences brillantes de la 3D conviennent bien aux saisissants effets spéciaux diurnes de Digital Domain.

Pour finir, les deux acteurs principaux ont évolués et revoir ce film donne vraiment l'impression de revoir les prémices de leur technique. On pleure, on rit, Titanic de James Cameron semble se bonifier avec l'âge et c'est la marque des grandes oeuvres...