mardi 3 juillet 2012

A nos pères : Le Fou de Beaucourt


Qu’accumule t’on au cours d’une vie ? Cette question, le réalisateur Fabrice Marquat la partage avec son père Bernard. Le père y répond par une monumentale collection automobile, le fils y répond par un film : Le Fou de Beaucourt.

Source : http://www.film-documentaire.fr/

Il pourrait s’agir d’un reportage sur un collectionneur obsessionnel présentant son antre, ses pièces de choix, son histoire. Mais dès le premier dialogue, le portrait devient sensible, la musique entêtante. Les scènes d’animation ponctuant le film apportent une autre intelligibilité au discours. Ce vieil homme, face à la caméra, porte en lui le mystère de la filiation, ce subtile mélange de respect et de défiance qui caractérise le rapport entre un père devenu vieux et un fils dans la force de l’âge.




Comme dans une enquête policière, ou justement, dans une restauration d’automobile ancienne, les réponses, comme des pièces, s’assemblent. Au cours du film, deux propos s’élaborent, celui du fils (ses questions, ses confrontations) et celui du père (ses choix, ses fiertés, ses échecs).

Tel son père collectionnant les machines, Fabrice Marquat collectionne les instants, présents ou passés (Super 8, photos). Son père collectionne les outils ? Son fils, réalisateur, s’entoure d’un musicien hors pair, Albert Marcoeur, auteur de la musique du dernier film de Jean-Pierre Daroussin, Le Pressentiment en 2006, et d’une réalisatrice de cinéma d’animation, Valérie Pirson , repérée avec son film de fin d’étude des Arts Déco, Pistache par rien de moins que Michel Gondry avec qui elle travaille souvent désormais.
Grâce à cela, le film passe de la sphère de l’intime à une sorte de quête de sens qui s’universalise.
Les questions se pressent :
Comment l’automobile a t’il permis à cet homme de se construire mais également de mettre à l’abri ses rêves tout en gardant à distance sa vie de famille ?
Pourquoi justement collectionner l’automobile, cet objet tantôt vu comme fœtal, tantôt vu comme phallique ?
Mais le film est dédié « A nos pères ».  Il n’est donc pas tant question de machines que d’hommes. Aussi, tenter de percer les secrets de cet homme (tout en les sauvegardant) passe par des rencontres : son acolyte collectionneur, son épouse, ses petits enfants.
Bernard Marquat ne verra jamais le film, il décède d’un cancer peu après le tournage. La nécessité de ce film apparaît donc d’autant plus grande.

Le film Pistache de Valérie Pirson : http://www.dailymotion.com/video/x241ew_pistache_creation
Le site d'Albert Marcoeur : http://www.marcoeur.com/index_flash.htm
Le blog du précédent film de Fabrice Marquat, Yamana, retour en Patagoniehttp://www.yamana-patagonia.blogspot.fr/