samedi 1 décembre 2012

The Black and White Keys

Deux groupes, deux jours, deux villes, deux pays... : une même énergie par des moyens différents :

Jeudi "The Hives" à Paris et Vendredi "The Black Keys" à Lyon.


"White" les Hives ? Un peu, avec leur image de dandys anglais et leur fausse innocence suédoise, ils rappellent à chaque instants qu'ils sont là pour la déconnade option mise en scène et manipulation du public ultra millimétrée. Retrouver l'ambiance présumée des concerts de rock anglais des années 1960 est leur crédo. Le chanteur Pelle Almqvist en fait des caisses questions ego ("I'm an asshole, say it !") en faisant tourner le micro sans faire tomber le haut-de-forme de son guitariste de frère, Nicholaus, déjà déchainé, un deuxième guitariste à ses côtés en plus du bassiste. 

C'est comme ça chez les Hives, c'est le côté "White", lisse, musicalement lisible et ciselés de leur délires anglo-saxons : il peut y avoir quatre guitares en même temps, pour un son à la fois mélodique et saturé assenant des riffs efficaces.
Le batteur ultra-carré joue tout en régularité et en discretion (ou de Destruction, Matt Destruction).
Le set dure 1h40, rappels compris, mais le public est exténué, a sauté sur place, a pogoté, a perdu des points d'audition en suivant les harangues de Mr Pelle.


"Black" Keys ? Of course, les américains de l'Ohio ont bien plus de choses a raconter que leurs homologues suédois. Formation plus réduite (à la base : un batteur, Patrick Carney, et un guitariste, Dan Auerbach), jeux de scène plus simples. Les Black Keys mettent leur musique en avant, jouent énormément sur les choeurs, la tessiture étrange du chanteur qui tire parfois vers le plus aigus (là où Mr Pelle tire sur le grave, option rauque, rock).

Les paroles sont plus personnelles, l'amour du vintage plus contemplatif. On ne remet pas en scène les guitares à résonateur ou Hammond Harmony, on s'en sert (avec moult effets, il est vrai pour obtenir un son plus brut : http://www.muzicosphere.fr/le-rig-de-dan-auerbach-black-keys/ ). L'euphorie pogotante est à son comble dans la salle avec seulement un subtil enchainement de morceaux, peu de discours. Le concert se termine dans un brouillard sonore une heure et demi après son ses premiers accords, laissant un public comblé sous un panneau lumineux dont les ampoules à incandescences forment le nom du groupe.

Petite mention à la beauté de la Halle Tony Garnier de Lyon, sorte de Halle de la Vilette XXL, avec facade art-déco, parfait écrin pour les notes noires...